Retour sur l’IT Press Tour : ce que nous avons présenté, et ce sur quoi nous avons été challengé
Le contraste que nous assumons et ce que nous refusons
Nous ne sommes pas seuls à construire sur un format ouvert. Zmanda, aux États-Unis, s’appuie également sur Restic. Plakar en France travaille le même terrain. Nous l’avons dit en séance plutôt que d’attendre qu’on nous le rappelle.
Le contraste réel se situe ailleurs, avec les solutions que nous croisons tous les jours sur le terrain : Veeam, Commvault, Acronis, …. Elles sont nées à l’époque du LAN, et cela se voit dans le Cloud. Elles dédupliquent très bien sur site, puis déposent dans le Cloud une réplique non dédupliquée, souvent sur la classe de stockage la plus chère des trois que propose n’importe quel fournisseur. En cas de sinistre portant sur plusieurs téraoctets, elles restaurent trop lentement.
En revanche, nous ne cherchons pas à les remplacer, et c’est probablement le point le plus mal compris de notre positionnement. Environ 80 % de nos nouveaux clients font tourner une solution de sauvegarde locale, et nous ne leur demandons pas de l’arrêter. Cybee s’ajoute comme couche de résilience, avec un format de sortie garanti. Certains clients abandonnent leur sauvegarde locale au bout d’un à trois ans, d’autres ne l’abandonneront jamais. Les deux scénarios nous conviennent.
C’est cette lecture qu’ITdaily a retenue en titrant sur une « voie de sortie européenne » pour les clients Veeam. Nous la reprenons volontiers.
Les questions auxquelles nous n’avons pas encore de bonne réponse
Un compte rendu qui s’arrêterait ici n’aurait aucun intérêt. Quatre critiques nous ont été adressées, toutes fondées.
« Vous prêchez l’ouverture, mais Cybee n’est pas open source. » La distinction est réelle : notre format de dépôt est ouvert, notre orchestration ne l’est pas. C’est ce format qui garantit votre réversibilité, et c’est lui qui compte pour un DSI. Mais l’objection reste légitime, et la réponse que nous avons donnée en séance avec une ouverture partielle à un horizon de deux à quatre ans, a été jugée insuffisante. Nous sommes une petite équipe et ouvrir du code demande une gouvernance que nous n’avons pas encore construite. Nous préférons le dire ainsi que d’annoncer une date que nous ne tiendrions pas.
« Vous n’avez qu’un client, et c’est votre société sœur. » Exact, Nuabee est aujourd’hui le premier distributeur de Cybee. Nous considérons que trois pétaoctets et 2 500 VM critiques en exploitation constituent un environnement plus exigeant que dix clients pilotes, mais cela ne remplace pas la diversité d’un vrai parc de clients. L’ouverture au canal MSP est l’échéance qui compte pour nous.
« La console n’existe qu’en français. » C’est le cas actuellement et la démonstration en anglais est passée par un outil de traduction automatique. Difficile en effet de porter un discours européen avec une interface monolingue : c’est notre chantier prioritaire avant toute ouverture du canal.
« Ni hyperviseur, ni bases de données. » Cybee fonctionne par agent et ne prend délibérément pas en charge à ce jour les hyperviseurs VMware ou Hyper-V. C’est un choix d’indépendance vis-à-vis de la couche de virtualisation, utile quand un client migre, mais c’est aussi une limite pour qui veut sauvegarder au niveau de l’hyperviseur aujourd’hui. Sur ce besoin, nous ne sommes pas le bon outil, et nous le disons.
Ce que nous en retirons
Trois enseignements, dans l’ordre où ils nous ont été utiles.
- Le premier : le format ouvert a changé de nature. Il y a trois ans, c’était un argument d’ingénieur. Il est devenu un critère d’appel d’offres, poussé par la réglementation plutôt que par la technique.
- Le deuxième : notre discours doit être aussi vérifiable que notre architecture. Nos deux différenciateurs réels sont ceux qu’un client peut contrôler sans nous croire — nous sommes européens, et notre format est ouvert. Tout le reste se démontre en production.
- Le troisième, le plus inconfortable : à ce stade, Cybee est une voie de sortie aux côtés des solutions existantes, pas une destination. C’est la conclusion de la presse, mais c’est aussi la nôtre à ce jour. Ce qui se jouera en 2027, avec l’ouverture du canal, l’internationalisation de la console et le support des bases de données, décidera du reste.