Retour sur l’IT Press Tour : ce que nous avons présenté, et ce sur quoi nous avons été challengé

Les 1er et 2 septembre 2026, Cybee était à Ljubljana pour la 69ème édition de l'IT Press Tour, devant treize journalistes IT européens. Voici ce que nous y avons dit, ce que la presse en a retenu, et les questions auxquelles nous n'avons pas encore de bonne réponse.

Un format qui laisse peu de place à la langue de bois

L’IT Press Tour existe depuis 2010. Le principe est simple : une poignée d’éditeurs présentent leur solution à un groupe restreint de journalistes spécialisés européens, en séance fermée, pendant une heure et demie. Pas de stand, pas de plénière, pas de communiqué distribué en fin de session. Des questions, en continu, posées par des gens qui ont vu passer plusieurs centaines de solutions de sauvegarde avant la vôtre.

Pour cette 69ème édition, organisée par Philippe Nicolas à Ljubljana, Cybee était présenté aux côtés de DataCore, HYCU, Stratofoundry, Veridion et VulX. Nous étions l’un des plus jeune produit de la liste : Cybee est en production depuis mars 2026.

C’est un exercice utile précisément parce qu’il est inconfortable. Nous en sortons avec des messages confirmés, et avec une liste de faiblesses formulées par des tiers. Les deux nous intéressent.

Le point de départ : personne n’a jamais outillé la sortie d’une solution de sauvegarde

Nous avons ouvert la session sur une observation simple.

Quand une entreprise veut quitter VMware pour Proxmox, des outils de migration existent. Ils sont documentés, éprouvés, parfois fournis par le concurrent qui vous accueille. Quand cette même entreprise veut changer de solution de sauvegarde, elle découvre qu’elle a dix ans de rétention réglementaire enfermés dans un format propriétaire, illisible sans le logiciel qui l’a produit.

Une banque ne peut pas abandonner ces archives. Un établissement de santé non plus. Le résultat est un verrouillage qui ne repose sur aucun mérite technique : il repose sur un format.

C’est ce constat qui structure Cybee, et il n’est plus seulement technique. Le règlement DORA impose aux acteurs financiers de démontrer leur capacité à changer de prestataire. NIS2 impose aux entités concernées de démontrer des tests de restauration réguliers. Dans les appels d’offres européens que nous voyons passer, le format ouvert cesse d’être une préférence d’architecte pour devenir une exigence contractuelle.

Ce que nous avons montré

Trois choix d’architecture, qui sont aussi les trois seuls arguments que nos clients peuvent vérifier sans nous faire confiance.

Un format de dépôt ouvert
  • Cybee s’appuie sur Restic, un moteur de sauvegarde open source. Restic gère le fichier, les contrôles d’intégrité et le nettoyage.
  • Nous avons construit tout le reste : un agent unique en Rust pour Windows et Linux, la sauvegarde image des disques Windows via VSS, l’orchestration multi-serveurs, la console. Le format du dépôt reste celui de Restic : public, documenté.
  • Concrètement, si Cybee disparaît demain, vos sauvegardes restent lisibles avec le binaire Restic.
Un stockage européen, sans transit par notre plateforme
  • Les données partent dédupliquées et chiffrées directement du serveur vers un stockage S3 européen,  aujourd’hui T Cloud Public de T-Systems, aux Pays-Bas.
  • Notre plan de contrôle orchestre, planifie et supervise ; il ne voit pas passer la donnée qui va directement des serveurs clients vers le Cloud.
  • Ce n’est pas une position marketing sur la souveraineté, c’est un schéma de flux qu’un architecte peut auditer.
Une restauration mesurée en téraoctets par heure
  • Jusqu’à 4 To/h par disque sur les classes de stockage les plus rapides.
  • Ces chiffres ne viennent pas d’un laboratoire : ils viennent de la production de Nuabee, notre société sœur, qui exploite du DRaaS depuis douze ans et qui est aujourd’hui le principal utilisateur de Cybee
  • Cela représente environ 150 entreprises, 2 500 VM critiques et trois pétaoctets de données.

Le contraste que nous assumons  et ce que nous refusons

Nous ne sommes pas seuls à construire sur un format ouvert. Zmanda, aux États-Unis, s’appuie également sur Restic. Plakar en France travaille le même terrain. Nous l’avons dit en séance plutôt que d’attendre qu’on nous le rappelle.

Le contraste réel se situe ailleurs, avec les solutions que nous croisons tous les jours sur le terrain : Veeam, Commvault, Acronis, …. Elles sont nées à l’époque du LAN, et cela se voit dans le Cloud. Elles dédupliquent très bien sur site, puis déposent dans le Cloud une réplique non dédupliquée, souvent sur la classe de stockage la plus chère des trois que propose n’importe quel fournisseur. En cas de sinistre portant sur plusieurs téraoctets, elles restaurent trop lentement.

En revanche, nous ne cherchons pas à les remplacer, et c’est probablement le point le plus mal compris de notre positionnement. Environ 80 % de nos nouveaux clients font tourner une solution de sauvegarde locale, et nous ne leur demandons pas de l’arrêter. Cybee s’ajoute comme couche de résilience, avec un format de sortie garanti. Certains clients abandonnent leur sauvegarde locale au bout d’un à trois ans, d’autres ne l’abandonneront jamais. Les deux scénarios nous conviennent.

C’est cette lecture qu’ITdaily a retenue en titrant sur une « voie de sortie européenne » pour les clients Veeam. Nous la reprenons volontiers.

Les questions auxquelles nous n’avons pas encore de bonne réponse

Un compte rendu qui s’arrêterait ici n’aurait aucun intérêt. Quatre critiques nous ont été adressées, toutes fondées.

« Vous prêchez l’ouverture, mais Cybee n’est pas open source. » La distinction est réelle : notre format de dépôt est ouvert, notre orchestration ne l’est pas. C’est ce format qui garantit votre réversibilité, et c’est lui qui compte pour un DSI. Mais l’objection reste légitime, et la réponse que nous avons donnée en séance avec une ouverture partielle à un horizon de deux à quatre ans, a été jugée insuffisante. Nous sommes une petite équipe et ouvrir du code demande une gouvernance que nous n’avons pas encore construite. Nous préférons le dire ainsi que d’annoncer une date que nous ne tiendrions pas.

« Vous n’avez qu’un client, et c’est votre société sœur. » Exact, Nuabee est aujourd’hui le premier distributeur de Cybee. Nous considérons que trois pétaoctets et 2 500 VM critiques en exploitation constituent un environnement plus exigeant que dix clients pilotes, mais cela ne remplace pas la diversité d’un vrai parc de clients. L’ouverture au canal MSP est l’échéance qui compte pour nous.

« La console n’existe qu’en français. » C’est le cas actuellement et la démonstration en anglais est passée par un outil de traduction automatique. Difficile en effet de porter un discours européen avec une interface monolingue : c’est notre chantier prioritaire avant toute ouverture du canal.

« Ni hyperviseur, ni bases de données. » Cybee fonctionne par agent et ne prend délibérément pas en charge à ce jour les hyperviseurs VMware ou Hyper-V. C’est un choix d’indépendance vis-à-vis de la couche de virtualisation, utile quand un client migre, mais c’est aussi une limite pour qui veut sauvegarder au niveau de l’hyperviseur aujourd’hui. Sur ce besoin, nous ne sommes pas le bon outil, et nous le disons.

Ce que nous en retirons

Trois enseignements, dans l’ordre où ils nous ont été utiles.

  1. Le premier : le format ouvert a changé de nature. Il y a trois ans, c’était un argument d’ingénieur. Il est devenu un critère d’appel d’offres, poussé par la réglementation plutôt que par la technique.
  2. Le deuxième : notre discours doit être aussi vérifiable que notre architecture. Nos deux différenciateurs réels sont ceux qu’un client peut contrôler sans nous croire — nous sommes européens, et notre format est ouvert. Tout le reste se démontre en production.
  3. Le troisième, le plus inconfortable : à ce stade, Cybee est une voie de sortie aux côtés des solutions existantes, pas une destination. C’est la conclusion de la presse, mais c’est aussi la nôtre à ce jour. Ce qui se jouera en 2027, avec l’ouverture du canal, l’internationalisation de la console et le support des bases de données, décidera du reste.